



Le jour je suis une étudiante sérieuse qui prépare sa thèse sur le risque sismique en région PACA. Mais la nuit... Je me transforme en une créature informe qui n'est plus que 10 doigts, et je patouille, trifouille, coupe, colle, gratouille (machouille?), déforme, reforme, bidouille...
Artiste dans l'âme depuis tout bébé, j'ai commencé par les dessins aux crayolas et la peinture à l'eau, pour m'essayer ensuite au modélisme (d'abord avec des boites de fromage, puis avec des matières plus "nobles" pour ma maison de poupée et mon village miniature). Vint alors une phase majeure où j'ai pratiqué le dessin façon "manga", pour muter vers le dessin façon "médiéval fantastique". Le tout ponctué de phases éphèmères sur la scénaristique en bandes-dessinées, l'infographie et même l'écriture de romans...
Désormais me voici arrivée à ma période "scrapbooking". Cet art me permet de concilier photographie, écriture de souvenirs, dessin, assemblage de formes et de couleurs, couture. Mon inspiration vient de mon amoureux et des voyages que nous faisons. Je vous souhaite une bonne découverte!
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Aujourd'hui pas de scrapbooking, ni de loisirs créatifs. Je voudrais partager avec vous quelques photos que nous
avons prises depuis l'avion lors de notre voyage à Pékin. Même si vous n'êtes pas amateurs de photos, je suis sûre que ça ne vous laissera pas indifférents...
Nous sommes partis de Nice, France, le 9 octobre 2008. Une première escale nous a mené jusqu'à Vienne, Autriche. De là, saut de puce géant jusqu'à Pékin, Chine, arrivée le lendemain 10 octobre
après 9h de vol.
Honnêtement, je ne m'attendais à rien de particulier sur le trajet. Des nuages à perte de vue sans doute... (et le vol retour nous a prouvé que c'était possibe!) Mais finalement nous avons eu un ciel limpide pendant tout le voyage.
Nous avons donc pu prendre des photos, et franchement... je les trouve à tomber. Ce survol du continent Eurasie par temps
clair fut une surprise, et un moment qu'il serait ridicule de qualifier d'agréable car l'émotion était telle que j'étais sur le point de chouiner toutes les 5 minutes
:D
C'était MA-GNI-FI-QUE. Incroyable, indescriptible, la Terre est vraiment belle.
La magie tient à ce que les terres traversées sont, pour la française moyenne que je suis, lointaines et inacessibles. Il est très probable que je n'y mettrais jamais les pieds, ni vous cher lecteur. Les survoler, c'est déjà un grand moment. Et vu du ciel tout semble parfait...
Si vous vous rendez à Pékin, surtout ne zappez pas le hublot. Même si c'est plus pratique d'avoir le couloir pour aller aux toilettes, la vue depuis l'avion vaut son pesant des 900 euros qu'il vous aura fallu débourser. D'autant plus que Pékin est la seule destination qui vous fera prendre cette route, les vols pour les pays asiatiques du Sud survolant plutôt l'Inde que la Sibérie.
Les photos suivantes ont toutes été prises par Didier (c'est Monsieur qui avait le hublot, ce qui ne m'a pas empêché
de grimper sur lui pour voir quelque chose). Aucune n'est retouchée, vous avez les couleurs réelles.
Après le décollage de Nice, survol des Alpes italiennes, de très belles formations rocheuses qu'il faudra aller voir d'en-bas, car ce n'est pas loin tout
de même:
Ensuite peu de choses à signaler sur le trajet jusqu'à Vienne, et encore moins sur la Russie... non pas qu'il ne faisait
pas beau, ou que le paysage n'était pas magnifique... nous n'en savons rien, car il faisait nuit! Nous avons vu les éclairages de quelques villes russes perdues dans des immensités
noires.
Il est 2h40 en France, le soleil se lève... sur la Sibérie:
Evidemment pas facile de dire exactement où nous sommes. Il a l'air de faire froid en bas... :) Pas de ville à l'horizon,
et ce depuis plus de 1000 km...
Les montagnes s'élèvent, il semble faire de plus en plus froid. De larges
vallées entaillent les reliefs, et pourtant pas la moindre trace de civilisation. Même pas de route...
Il y a plein de lacs. Dire que dans nos Alpes françaises, les lacs de montagne sont souvent visités par les randonneurs! Qu'en est-il de ceux-là? Difficile de se rendre compte des distances.
Un quart d'heure passe (combien de km? à 700 km/h, environ 150 à 200). D'un coup, les montagnes s'arrêtent:
Nous nous trouvons à l'Ouest du lac Baïkal. Ce dernier se cache derrière l'aile de l'avion sur la photo ci-dessus. Nous
allons bientôt franchir la frontière Russie - Mongolie. Nos âmes de géologue font tilt: ces montagnes qui s'arrêtent brusquement, y aurait-il là une faille majeure? Il faudra que j'interroge un
spécialiste au laboratoire.
C'est pour moi le moment le plus magique du voyage. Tout semble étranger,
exotique, et tellement proche à la fois. Didier et moi sommes des amoureux de la montagne, et l'envie nous démange d'aller voir celles-ci pour de bon. Et cet alignement dans le paysage, n'est-ce
pas unique? Vous imaginez-vous dans cette plaine, regardant cette façade rocheuse immense? Et le lac Baïkal, dont le nom suffit à évoquer le lointain, la "perle de Sibérie", est là, sous nos
yeux, tout près.
La neige disparue, la civilisation est de retour. Discrète, on peut néanmoins distinguer
sur ces collines des formes géométriques, probablement des traces d'agriculture:
Je ne sais pas pourquoi une flaque nuageuse a décidé de se poser là (creux topographique humide sans doute), mais avec les sommets enneigés en arrière-plan, sur toute la longueur, le tableau est magnifique:
Nous nous éloignons doucement vers la Mongolie. Didier et moi nous tordons le coup vers l'arrière pour apercevoir le lac Baïkal qui s'est longtemps caché derrière l'aile de l'avion:
Distinguez-vous le lac sur la photo ci-dessus? Il se trouve derrière la barre enneigée centrale, juste derrière la langue
de nuages qui le souligne. Plus que ses eaux, on distingue les roches qui le bordent sur la rive Nord. Ce n'est là que la pointe Ouest du lac. Le volume du lac Baïkal représente environ 260 fois
celui du lac Léman.
Direction la Mongolie, où les couleurs changent radicalement:
Quel bel enchaînement, nous sommes passés des neiges au désert. La photo ci-dessus montre la première ville que nous
survolons depuis le lever du soleil. Il est 3h17 en France. Il existe de grandes villes près du lac Baïkal, mais nous sommes passés trop au large pour les distinguer. J'ai cherché sur Google
Earth le nom de cette ville sortie d'un autre monde, mais la résolution n'est pas suffisante dans cette région paumée. Les rivières font des méandres magnifiques. Mais comment vit-on ici
bas?
Des couleurs rustiques, des méandres sur des centaines de km, d'immenses champs...:
Un autre moment d'émotion, nous survolons Ulaanbaatar, la capitale et plus grande ville de la Mongolie. 3h40 en France:
Le désert peut-être, mais plutôt froid que chaud! A nouveau je me demande si un jour je poserai les pieds dans cette
ville... Un million d'habitants. Elle s'étend sur une vingtaine de km. A la belle saison (je ne sais pas quand c'est dans cette région du monde!), le coin peut être sympathiquement
vert.
Nous volons vers le Sud-Est. Et voici... le désert de Gobi:
Le temps passe très vite, les km s'avalent encore plus vite. Un tel voyage donne la sensation que la Terre est bien
petite. Nous pouvons suivre la progression de l'avion sur l'écran devant notre siège, où défilent des noms de lieux inconnus.
40 min plus tard, nous atteignons la frontière Mongolie - Chine. Cette région du monde est dominée par l'agriculture:
De plus en plus de villes, de routes, des champs qui épousent la forme des reliefs:
Même d'en haut on reconnait les paysages de la Chine, qu'on a tous vus en photo ou dans des
reportages.
Il est 5h en France. Le pilote nous annonce le début de notre descente. D'un seul coup,
serpentant sur les sommets des collines, une ligne pâle... nous sommes très émus: c'est la Grande Muraille de Chine.
Dans quelques jours, nous foulerons de nos pieds ce lieu mythique. Cette fois-ci, nous allons réellement nous poser et
toucher du doigt ce qui nous faisait rêver.
La Chine sera belle, nous n'en doutons pas, mais le survol de
la Sibérie et de la Mongolie nous aura mis des paillettes (de glace!) plein les yeux.
Survol de Pékin
avant l'atterrissage:
Nous posons pied à terre à 11h40 heure locale, nous sommes le 10 octobre... Il est 5h40 en France, et nous sommes partis
la veille.
C'est le début de notre séjour en terre chinoise, dont j'aurais l'occasion de vous parler une
prochaine fois.
Je vous remercie d'avoir suivi mon voyage au long de ces photos. J'espère que vous avez
passé un moment sympathique, et que je vous ai fait un peu rêver!
Au total ce voyage aura duré environ 15
heures. 2 heures pour le vol Nice - Vienne, 4 heures d'attente en transit, et 9 heures pour le vol Vienne - Pékin. Ces photos ne vous illustrent que les 3 dernières heures du voyage. Comme il
faisait nuit au départ de Vienne, nous avons pu dîner puis dormir tranquillement avant le lever du soleil. Une nuit courte et inconfortable je vous l'avoue... Mais se réveiller avec la Sibérie
sous les yeux vaut bien quelques heures de patience.
A très bientôt et encore merci pour
votre lecture :)
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